à vélo dans le pays de Vannes

Vélo = économie = santé = plaisir = innovation

Bonjour,
Je m’appelle Arnaud, j’ai 48 ans et j’habite sur la commune de St Avé.
En 2017, j’ai commencé à réfléchir sur le cout (économique et environnemental) de mes déplacements. Ma voiture diesel de 1999 commençait à vieillir et acheter une voiture plus récente ne m’emballait pas trop.
Je travaille à Elven (16 km). J’ai un métier plutôt statique (technicien de labo). Je travaille 200 jours/an, ce qui fait 200 x 32 = 6400 km/an. Le tarif fiscal qui prend en compte tous les frais liés à mes déplacements en voiture (essence, réparations, achat de voiture, assurance…) donne un cout annuel de 2400 euros (environ 40 cts/km) qui correspond à plus d’ 1 mois de salaire ; ce cout est souvent sous-estimé par les automobilistes qui ne comptent que le cout du carburant.
(Note : Les tarifs calculés ne tiennent pas compte de l’augmentation des carburants en 2022.)
J’ai donc réalisé que, tous les ans, je travaillais 11 mois pour gagner de l’argent et un mois pour rien (si on fait abstraction des profits de Total et du salaire de mon garagiste).
6400 km en voiture diesel, c’est aussi 960 kg de CO2 émis soit presque la moitié des émissions annuelles qu’un français devrait émettre pour respecter les accords de Paris (COP21 – limitation 1.5° à 2° avant la fin du siècle).
Très motivé pour augmenter mes revenus de 2400 euros/an et réduire mon impact carbone, j’ai donc cherché des solutions alternatives avec deux axes :
1-Changement du mode de transport : covoiturage, télétravail, bus…Aucune de ces solutions ne me permettait de conserver la souplesse dans mes horaires avec une durée de transport qui n’augmentait pas excessivement.
2-Changement du véhicule : voiture plus petite, électrique, hybride, à hydrogène…Mais, chacun de ces modes de propulsion a un impact climatique et je ne souhaitais pas acheter un véhicule neuf. J’ai donc estimé que, plutôt que changer la motorisation, il fallait peut être réfléchir au rapport de poids entre le véhicule et les passagers.
Tout seul dans ma voiture : Rapport = 1800kg/80 = 22.5
Covoiturage à 4 dans ma voiture : Rapport = 1800kg/320 = 5.6
Tout seul dans une voiture plus petite : Rapport = 1000kg/80 = 12.5
Covoiturage à 4 dans une voiture plus petite : Rapport = 1000kg/320 = 3.1
Et en poussant un peu plus loin :
Avec un VAE : Rapport = 30/80 = 0.4 (l’humain dépasse enfin la machine !!)
Après moults réflexions, j’ai acheté en 2018 un Vélo à Assistance Electrique (VAE) pour la somme exorbitante de 2000 euros (dont 300 euros d’aide GMVA). Il s’appelle Maurice et appartient à la race des VAE (vélo à assistance électrique). J’ai beaucoup hésité avant d’acheter Maurice mais il a été amorti en 2 ans (ça veut dire qu’en 2 ans d’utilisation, l’argent que j’ai économisé en voiture a rendu Maurice totalement gratuit).
Avant, je mettais 20 minutes en voiture pour aller au mon travail. Aujourd’hui, je mets 35 minutes à vélo.
Je passe donc 30 minutes de plus dans mes transports quotidiens pour gagner 12 euros de plus par jour (32 km x 0.40 ct – tarif fiscal). Comme j’aime bien les calculs, j’ai calculé qu’en faisant le rapport du temps en plus sur le gain, Maurice était payé plus cher que moi (24 euros de l’heure pour Maurice contre 15€ pour moi).
J’ai commencé à utiliser Maurice au début, entre Avril et Octobre, 1 à 2 fois par semaine.Puis petit à petit, je me suis rendu compte qu’avec un peu d’équipement, quasiment tous mes trajets étaient possibles.
Mon équipement : casque avec visière (130 euros), veste étanche (200), pantalon et couvre chaussure (35), sacoches (50), cagoule (20), gants de ski.
Je suis très attentif à la météo et, lorsque je me lève, mon 1er réflexe est de regarder la température extérieure. Je sais, par expérience, qu’en dessous de -2°c (très rare en Bretagne), j’aurai besoin de 3 épaisseurs de pantalons (collant+jean+coupe vent). Je fais aussi la différence entre « rares averses » et « pluie ».
Mon trajet :
7h50 : je m’équipe en fonction de la météo et de la luminosité
8h00 : départ de St avé via Fontenon et Lescouedec, traversée de la route de Monterblanc, je longe ensuite la voie ferrée vers St Nolff. Suivant la saison, je rencontre des rapaces, plus rarement des chevreuils. Un jour, un animal non identifié a traversé devant mon vélo (peut être un blaireau ?). Je salue les cyclistes que je croise régulièrement. La descente vers St Nolff est froide (je perds 2 à 3 degrés en 2 km).
8h15 : j’arrive dans le bourg de St Nolff, j’en profite pour enlever une épaisseur de vêtement si j’ai trop chaud, je rencontre mes 1ères voitures devant l’école. J’attaque ensuite la cote du Peh et c’est là que je me félicite d’avoir un moteur Impluse 2.0 sur mon vélo. En haut de la montée, je regagne les degrés perdus grâce au soleil qui se lève.
8h25 : Je rejoins la route départementale qui est moins agréable mais compte peu de voiture à cette heure. Je prends garde de ne pas rouler trop sur le coté et de mettre ma barre d’éloignement. Parfois, je rattrape ma collègue qui arrive de St Nolf sur son VAE.
8h30 : Je traverse Elven par des routes détournées (lotissement) pour arriver sur le parking de Intermarché. C’est ici que commence la partie la moins agréable : pas de piste, beaucoup de trafic, beaucoup d’artisans (les plus dangereux) et de camions, rentrée du collège et de la zone artisanale.
Heureusement, mes collègues ont pris l’habitude de me retrouver et me doublent, pour la plupart, avec prudence.
8h35 : arrivée sur le parking de l’entreprise.
Depuis 2021, je fais 90% de mes trajets pour aller au travail avec Maurice. L’expression n’est pas jolie mais on appelle ça le « velotaf ». Beaucoup de gens considèrent à tort que le velotaf est réservé aux trajets urbains.
J’essaye de convertir mes collègues, mes amis, ma famille…Ma femme me trouve un peu insistant mais elle a tout de même acheté un VAE cet hiver.
J’ai oublié de dire que je n’aime pas faire de vélo plus que ça mais que je parcours 4000 km/an. La semaine prochaine, je vais à St Malo à vélo (180 km) pour voir si c’est possible.

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